Chiens de Chine

La Chine a une longue tradition cynophile... qui ne s'exerça pas toujours en faveur du chien : on trouvait d'un côté les animaux de cour, parés de soie et d'or, choyés, nourris de mets raffinés et de l'autre, ceux qui entraient dans la composition des menus des dignitaires du royaume.

Des chiens de compagnie vénérés

Des statues taillées dans le jade, l'or, la porcelaine, des broderies et des laques impériales attestent de la popularité des chiens de compagnie dans la cité impériale. Le Pékinois a ainsi partagé pendant 16 siècles la vie des souverains de l'Empire du Milieu. On s'inclinait sur son passage, il recevait des décorations. Si on en laissait échapper un, la sanction était de 100 coups de fouet, suivis de la peine de mort. L'existence toutefois du Pékinois prenait fin avec le décès de son maître : on le sacrifiait pour qu'il l'accompagne dans l'au-delà.

Raffinements chinois

Le Chin, épagneul chinois et les chiens tibétains (Shih-Tzu, Lhassa Apso) importés vers la cité interdite de Pékin, furent traités eux aussi au palais impérial avec les raffinements propres à la civilisation chinoise, nourris par exemple aux nageoires de requin, cervelle de caille et lait d'antilope.

Le revers de la médaille

En revanche les gros modèles ne jouissaient d'aucune considération. Les Chow Chows, qui gardaient les jonques et tiraient des charrettes finissaient en ragoût et on faisait commerce de leur peau. Le Shar Pei vivait dans la rue et gagna sa notoriété en devenant chien de combat.

Exterminés pour "décadence"

L'avènement du communisme faillit éradiquer toute présence canine en Chine : considérés comme décadents, puisque liés à l'ancien
régime, les chiens furent mis à mort au nom de la nouvelle idéologie. Quelques uns en réchappèrent, l'Occident élevait des sujets chinois depuis la fin du 19e siècle et aujourd'hui, la Chine accueille de nouveau des représentants de la gent canine : mais il n'est plus besoin d'être membre de la famille royale pour en posséder !