Le dur destin des chiens d'Islande

C'est en l'an 900 que les Vikings débarquent en Islande, avec au fond de leurs drakkars des chiens venus de leur terre natale.

Des animaux de petite taille, de la famille des Spitz, rustiques et capables de se montrer bons bergers. Pendant des siècles, ils vont se reproduire en circuit fermé sur cette île du bout du monde, vivant en bonne intelligence avec les habitants.

Hors-la-loi

En 1924 pourtant, tout bascule pour eux et du jour au lendemain, ils se retrouvent hors-la-loi. Persuadé que les chiens transmettent des maladies graves aux hommes, le gouvernement les interdit en ville et dans les villages. Les rares spécimens qui échappent à l'hécatombe sont tolérés dans les fermes où ils continuent de garder les moutons.

Taxe et quarantaine

Plus tard, on déporte les chiens sur l'îlot désolé de Hrisev où ils subissent la quarantaine avant de rejoindre une ferme ou de quitter le pays. Dans les années 70, les réglementations tatillonnes se succèdent et une taxe est instaurée pour décourager les propriétaires irréductibles. Les derniers chiens de la capitale, Reykjavik, sont quasiment tous détruits tandis que anti et pro-chiens s'affrontent.

Un retour récent

Ce n'est qu'en 1985 que le nouveau maire, talonné par la présidente du club canin du berger islandais et ses partisans, fait voter une nouvelle loi permettant aux chiens de s'épanouir sur le sol islandais, y compris dans les villes. La réglementation reste malgré tout contraignante : il faut avoir plus de 20 ans pour posséder un chien, s'acquitter chaque année d'une taxe d'environ 121.96 €, le tenir en laisse, le laver une fois par mois, le montrer une fois par an au vétérinaire...

Retour à la normale

Et si un co-propriétaire refuse la présence de chiens dans son immeuble, c'est sa voix qui compte ! Cependant, les amoureux des chiens en Islande savent que leurs protégés ont représenté une espèce en voie de disparition et que désormais, la normalisation est en route !